lundi 3 décembre 2018

Sociologie de la mondialisation




La notion de mondialisation, apparue dans les années 1980, a connu un succès fulgurant, servant bientôt à regrouper un grand nombre de phénomènes disparates : essor du commerce international, des investissements internationaux, des pays émergents, des délocalisations, d’une société civile globale, des migrations internationales, etc. La conjonction de trois facteurs a expliqué un tel succès : géopolitique avec la chute du mur de Berlin et l’ouverture concomitante des marchés de l’Est, économique avec l’internationalisation des marchés financiers, et technologique avec la montée en puissance du satellite et d’Internet [Kellner, 2002] .

Mais la notion a été surtout abordée, que ce soit dans le sens commun, les cadrages médiatiques et politiques, ou les essais d’intellectuels, sous l’angle privilégié de l’économie, en particulier de la compétition interétatique sur les marchés mondiaux, des transformations de l’économie mondiale et de sa régulation internationale, du protectionnisme.
Or, et cet ouvrage est là pour le rappeler, la mondialisation est un processus multicausal et
multidimensionnel, un « syndrome », c’est-à-dire la conjonction d’une myriade de processus, projets et activités divergents, articulant des flux transnationaux variés, qui ne sont pas seulement financiers ou économiques [Mittelman, 2000]. À ce titre, les sciences sociales se sont également saisies de la notion de mondialisation. Cet ouvrage s’assigne pour objectif de décrire comment elles ont procédé, en se concentrant sur la sociologie et les courants des disciplines qui lui sont les plus proches :
anthropologie, sociologie politique, histoire et géographie sociales. Chacune d’elles l’a fait à partir de ses objets privilégiés : ainsi, si l’économie s’est focalisée sur les marchés, les multinationales, les banques, les entreprises et la nouvelle économie, la science politique a traité des institutions internationales, des ONG, de la société civile globale et des métamorphoses de l’État-nation ; la géographie, des reconfigurations spatiales, urbaines et locales ; la sociologie, de la notion de modernité, des classes sociales et des migrations ; l’histoire, de la longue durée des circulations de biens et d’individus ; l’anthropologie, des mass media, des nouvelles technologies, de la consommation et de la culture.







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